En Allemagne, plus de 95 000 enfants vivaient en famille d’accueil en 2022, un chiffre en hausse constante depuis dix ans. La France, l’Italie et les Pays-Bas enregistrent aussi une augmentation marquée du recours à la parentalité d’accueil, souvent pour répondre à la saturation des structures spécialisées.
Les dispositifs varient fortement d’un pays à l’autre, tant sur la durée de l’accueil que sur le statut juridique des familles. Cette diversité soulève des cas de rupture de placement, des difficultés d’intégration et des disparités d’accompagnement pour les familles, avec des répercussions directes sur les enfants concernés.
Parentalité d’accueil en Europe : comprendre les enjeux et les évolutions récentes
L’accueil d’enfants par la famille élargie prend de l’ampleur dans toute l’Europe, au rythme des tensions qui pèsent sur les dispositifs classiques de protection de l’enfance. L’Allemagne, avec plus de 95 000 enfants concernés en 2022, donne le ton d’un mouvement partagé par la France et d’autres voisins européens. Dans ce contexte, la famille ne ressemble plus toujours à l’image figée du foyer nucléaire : elle s’étend, se recompose, se redéfinit, sous l’effet des réalités sociales et des politiques publiques.
Faire le choix de la parentalité d’accueil revient à jongler avec des exigences multiples. Les droits de l’enfant et ses besoins fondamentaux peuvent s’entrechoquer avec les logiques administratives, surtout quand les structures spécialisées manquent de places. La responsabilité parentale se distribue alors entre parents biologiques, familles d’accueil, services sociaux et juges, selon des règles qui varient d’un pays à l’autre.
Voici comment la parentalité d’accueil se décline selon les contextes nationaux :
- En Allemagne, la montée en puissance de l’accueil familial questionne l’accompagnement dont bénéficient les familles élargies.
- En France, la famille élargie reste sollicitée à la marge, la priorité allant d’abord à la cellule nucléaire, selon une prudence assumée par les politiques sociales.
- Aux Pays-Bas et en Italie, le rôle des familles d’accueil dans la chaîne de protection diffère, révélant des écarts dans la prise en compte du développement de l’enfant.
Devant la diversité des structures familiales et la complexité des contextes de chaque pays, difficile de tracer une voie unique. Les relations familiales, les attentes des institutions et les moyens mis à disposition pèsent lourd dans la réussite ou les difficultés de l’accueil par la famille élargie. Les dynamiques démographiques et l’évolution des normes sociales bousculent les repères, invitant chaque acteur à redéfinir sa place dans ce paysage mouvant.
Quels modèles de parentalité d’accueil dans neuf pays européens ? Panorama comparatif
La famille élargie adopte mille visages selon les frontières. Du nord au sud, la place accordée aux parents biologiques, à la famille nucléaire ou aux proches reflète des conceptions de la vie familiale forgées par l’histoire et les valeurs de chaque pays.
Dans les pays scandinaves, la famille nucléaire prévaut, mais quand un enfant ne peut rester chez ses parents, les services sociaux sollicitent la famille élargie. En Allemagne, le modèle se fait plus hybride : la famille recomposée est courante, l’autorité parentale se partage parfois entre plusieurs adultes, avec un encadrement administratif marqué. De leur côté, Italie et Espagne continuent de miser sur la solidarité entre générations : on fait appel aux oncles, tantes ou grands-parents pour préserver les liens et éviter l’éclatement familial.
Pour illustrer les spécificités nationales, voici quelques exemples marquants :
- En France, la mesure de protection ne mobilise la famille élargie qu’en dernier ressort, une fois la cellule nucléaire jugée défaillante.
- Aux Pays-Bas, l’intervention des services sociaux s’accompagne d’un soutien actif aux proches, pour limiter la stigmatisation.
- En Pologne ou au Portugal, les modèles oscillent entre tradition et adaptation, au gré des politiques de protection de l’enfance.
Ce tour d’horizon révèle à la fois la diversité des modèles familiaux et l’agilité nécessaire pour répondre à la complexité des situations : chaque pays module le recours à la famille élargie selon ses propres équilibres, entre droits des enfants, maintien des liens familiaux et exigences des services sociaux.
Des familles et des sociétés transformées : impacts, défis et réalités vécues
La famille élargie bouscule les frontières du foyer classique. Quand plusieurs générations ou des membres non apparentés partagent la même maison, le quotidien se construit entre solidarités et tensions. Les rôles s’entremêlent, chacun cherche sa place, et la gestion de l’intimité devient un défi permanent.
Dans ces familles, la santé mentale de tous peut être fragilisée. Les recherches menées à travers l’Europe le montrent : la complexité des relations familiales accroît le risque de stress et de conflits, aussi bien pour les parents que pour les enfants. Pour tenir le cap, le soutien social et le recours à des associations spécialisées en protection de l’enfance jouent un rôle clé. La notion de droit au respect de la vie privée, inscrite dans la Convention relative aux droits de l’enfant, se trouve parfois mise à mal quand plusieurs générations cohabitent sous le même toit.
Cela dit, ce modèle familial développe aussi des compétences précieuses chez les plus jeunes : savoir s’adapter, négocier, tempérer les conflits. Dans certains foyers, l’entraide entre générations renforce la résilience. Mais il n’existe pas de recette magique : chaque famille élargie avance à tâtons, entre enrichissement mutuel et recherche constante d’équilibre.
Ressources, accompagnement et solutions concrètes pour les familles d’accueil
Entre gestion quotidienne, partage des responsabilités et arbitrage entre droit à la vie privée et protection des enfants, les familles d’accueil, qu’elles soient élargies ou recomposées, se retrouvent face à des défis redoutables. Pourtant, des dispositifs existent, même si beaucoup restent sous-utilisés.
Les services sociaux tiennent un rôle central. Ils orientent les familles, proposent des mesures de protection de l’enfance adaptées et offrent un accompagnement sur la durée. En France, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se charge d’évaluer les besoins, de former les familles à la parentalité d’accueil et d’assurer un suivi de terrain. D’un pays à l’autre, les politiques sociales varient : certains encouragent la préservation des liens familiaux élargis, d’autres privilégient la stabilité du modèle nucléaire.
Quelques solutions concrètes
Face à la réalité du terrain, plusieurs formes d’appui peuvent faire la différence :
- Soutien financier : aides spécifiques, allocation logement, prise en charge de dépenses exceptionnelles.
- Soutien moral : groupes de parole, accompagnement psychologique, médiation familiale pour fluidifier les relations.
- Conseils juridiques : intervention d’un notaire pour organiser la gestion du patrimoine, la donation au dernier vivant, ou anticiper la transmission entre héritiers.
Familles nombreuses ou recomposées bénéficient ainsi de l’appui d’assistantes sociales, d’associations et de juristes aguerris. L’axe central reste la protection de l’enfance, avec des solutions ajustées à la diversité des situations et des parcours.
Au fil des années, ces familles élargies dessinent d’autres horizons pour les enfants, loin des schémas figés, capables de réinventer les liens et de composer avec les défis du présent. Qui sait jusqu’où cette nouvelle géographie familiale saura emmener la société de demain ?


